« 2008-05 | Page d'accueil | 2008-05 »

12.05.2008

ELECTROMAGNETISME (10 et fin)

Explications pour le commun des mortels

Comment ces recommandations sont-elles appliquées et qui est chargé du contrôle? (10 suite et fin)

La responsabilité du contrôle des champs au voisinage des lignes électriques, des stations relais de téléphonie mobile et autres sources de ce type accessibles au grand public incombe à certains organismes publics ainsi qu'aux autorités locales qui sont chargés de veiller au respect des recommandations. Dans le cas des dispositifs électroniques, c'est le fabricant qui doit s'assurer que son matériel respecte les limites prévues par les normes. Toutefois, comme on l'a vu plus haut, de par leur nature même la plupart ce ces appareils émettent des champs d'intensité largement inférieure aux valeurs-seuil. En outre, de nombreuses associations de défense des consommateurs soumettent régulièrement ces appareils à des essais. Si vous avez une crainte ou une préoccupation particulière, adressez-vous directement au fabricant ou aux autorités locales responsables de la santé publique.

Une exposition qui dépasse la valeur limite recommandée est-elle dangereuse ?

Il n'y a absolument aucun risque à consommer un pot de confiture de fraises avant sa date limite de consommation indiquée - mais si vous consommez la confiture au-delà de cette date, le producteur ne peut pas garantir qu'elle sera de bonne qualité. Toutefois, même lorsque la date limite de consommation est dépassé de quelques semaines ou de quelques mois, il n'y a en général pas de risque. De même, les recommandations relatives aux champs électromagnétiques ont pour but de faire en sorte qu'aucun effet indésirable sur la santé ne se produise si l'exposition reste inférieure à la limite fixée. Par mesure de précaution, on applique à l'intensité du champ supposée produire un effet nocif, un important facteur de sécurité. Dans ces conditions, même si vous étiez soumis à un champ plusieurs fois plus intense que la limite fixée, votre exposition serait encore inférieure à la limite de sécurité.

En temps ordinaire, la majorité de la population est hors de portée des champs électromagnétiques d'intensité supérieure à la limite recommandée. L'exposition est généralement très inférieure aux valeurs limites. Il peut cependant arriver qu'une personne soit exposée pendant un court laps de temps à un champ dont l'intensité avoisine , voire dépasse la valeur limite. Selon la CIPRNI, si l'on veut prendre en compte les effets cumulés de l'exposition, il faut déterminer l'exposition moyenne pondérée en fonction du temps au rayonnement hertzien et ultrahertzien. Selon les recommandations, la moyenne est à déterminer sur une durée de six minutes et une exposition supérieure à la limite est acceptable si elle est brève.

Il n'y a pas en revanche de pondération de la moyenne en fonction du temps dans le cas des recommandations relatives à l'exposition aux champs électriques et magnétiques de basse fréquence. Pour compliquer les choses, un autre facteur , le couplage, entre également en ligne de compte. Ce couplage désigne l'interaction entres les champs magnétique et le champ électrique et le corps humain. Il dépend de la taille et de la forme du corps, de la nature des tissus et de l'orientation du corps par rapport au champ. La prudence étant de règle dans l'établissement des recommandations, la CIPRNI considère toujours que le couplage entre le champ et le sujet exposé est maximal. La valeur limite recommandée assure donc une protection maximale. Par exemple, l'intensité du champ magnétique émis par un sèche-cheveux ou un rasoir électrique dépasse la valeur recommandée, mais comme le couplage entre ce champ et la tête de l'usager est extrêmement faible, il ne produit pas de courants induits supérieurs à la limite fixée.

Points à retenir

La CIPRNI émet des recommandations qui reflètent l'état actuel des connaissances. La plupart des pays s'inspirent de ces recommandations internationales pour établir leurs propres normes.

Les normes relatives aux champs électromagnétiques de basse fréquence sont destinées à faire en sorte que les courants induits restent inférieurs aux courants normalement présents dans l'organisme humain. Les normes applicables aux champs dans les domaines de fréquence hertzienne et ultrahertzienne ont pour but d'éviter les effets dus à un échauffement local ou général du corps. Les recommandations ne protègent pas contre une perturbation éventuelle du fonctionnement des dispositifs électroniques implantés.

En temps ordinaire, le niveau d'exposition est généralement très inférieure aux limites fixées. Etant donné l'application d'un facteur de sécurité élevé, une exposition supérieure à la limite recommandée n'est pas forcément dangereuse pour la santé. Par ailleurs, la pondération de l'intensité moyenne de l'exposition au champ en fonction du temps et l'hypothèse d'un couplage maximum confère une marge de sécurité supplémentaire dans le cas des champs de basse fréquence.

Prudence dans l'action

Plus les résultats de la recherche s'accumulent, plus il devient improbable que l'exposition aux champs électromagnétiques représente un grave danger pour la santé, même s'il subsiste néanmoins encore un peu d'incertitude. Le débat sur les résultats qui pouvaient prêter à controverse a quitté l'arène scientifique pour devenir un problème de société voire un enjeu politique. L'opinion publique s'agite à propos des effets nocifs que pourraient avoir les champs électromagnétiques sans bien souvent se souvenir des avantages que procure cette technologie. Sans électricité, la société serait paralysée. Quant aux émissions radiotélévisées et aux télécommunications, elles sont tout simplement une réalité de la vie moderne. Il est indispensable de mettre en balance le coût et les dangers potentiels.

Protection de la santé publique Des recommandations internationales et des normes nationales de sécurité applicables aux champs électromagnétiques sont formulées sur la base des connaissances scientifiques actuelles afin de faire en sorte que les champs auxquels les êtres humains pourraient être soumis ne provoquent pas d'effets nuisibles à leur santé. Pour compenser les incertitudes liées à la connaissance (dûes, par exemple, aux erreurs expérimentales, extrapolation des animaux aux humains, ou incertitude statistique), de grands facteurs de sécurité sont incorporés aux limites d'exposition. Ces normes et recommandations sont régulièrement révisées et mises à jour le cas échéant. Certains estiment que, pendant que la recherche continue d'affiner les résultats, il y aurait intérêt à prendre des précautions supplémentaires au vu des incertitudes qui demeurent. Toutefois, la nature et l'ampleur des mesures de précaution à prendre sont conditionnées par la preuve que l'on peut avoir d'un risque sanitaire de même que par l'ampleur et la nature des conséquences envisageables. Les précautions à prendre doivent être proportionnées au risque potentiel. Pour plus de précisions, on peut se reporter au WHO Backgrounder on Cautionary Policies.

On a élaboré un certain nombre de politiques en vue d'agir avec circonspection lorsqu'il s'agit de répondre aux craintes qui se font jour au sujet de problèmes de santé ou de sécurité publique, professionnelle ou encore de problèmes écologiques posés par des agents physiques ou chimiques.

Que faut-il faire pendant que la recherche se poursuit?

L'un des objectifs du Projet international pour l'étude des champs électromagnétiques est d'aider les autorités nationales à mettre en balance les avantages des technologies génératrices de champs électromagnétiques et la possibilité de découvrir un jour ou l'autre qu'elles comportent un risque pour la santé. L'OMS va en outre diffuser des recommandations concernant les mesures de protection à prendre le cas échéant. Il faudra patienter plusieurs années avant que les recherches nécessaires parviennent à leur terme et que leurs résultats soient évalués et publiés. Dans l'intervalle, l'OMS a formulé une série de recommandations, à savoir:

Les normes de sécurité nationales et internationales existantes doivent être rigoureusement respectées : ces normes reposent sur l'état actuel des connaissances et sont élaborées dans le but de protéger chacun des membres de la population en appliquant un facteur de sécurité élevé. Des mesures de protection simples existent : l'installation de barrières autour des sources de champs électromagnétiques intenses permettent d'empêcher l'entrée de personnes étrangères au service dans des zones où l'exposition pourrait dépasser les limites fixées.

Consulter les autorités et la population locales sur les projets d'installation de nouvelles lignes électriques ou de stations relais de téléphonie mobile : les décisions d'implantation sont souvent subordonnées à des critères esthétiques et au respect de la sensibilité du public. Pendant la phase de planification, une politique de communication menée avec franchise peut rendre le public plus compréhensif et lui faire mieux accepter la nouvelle installation.

Communiquer : un système efficace d'information sanitaire et de communication entre les scientifiques, l'industrie, les pouvoirs publics et la population peut aider à mieux faire connaître les programmes consacrés à l'étude de l'exposition aux champs électromagnétiques et contribuer à réduire la défiance du public et à calmer ses craintes.

http://www.who.int/peh-emf/about/WhatisEMF/fr/index.html<...

PROCHAINEMENT: quelques plantes dépollueuses de la maison