28.02.2009

Les admirables secrets d'Albert le Grand

Livre premier - 1ere note

De la génération de l'embryon et de quelle manière l'homme est engendré; comment se fait la conception, et ce que c'est que les menstrues et le sperme, etc.

Ayant suffisamment instruit le lecteur du sujet que l'on doit traiter dans ce livre, on croît à propos, et même nécessaire, d'en venir à l'effet de de commencer cette matière par l'embryon. Il faut pourtant remarquer et savoir que tout homme qui est naturellement engendré est, suivant le sentiment des philosophes et des médecins, formé de la semence de son père et du pur sang de sa mère, avec cette différence qu'Aristote soutien que le fœtus se forme du seul sang de la mère et qu'ensuite la semence de l'homme s'évapore, au contraire, les médecins disent que la semence que l'on appelle sperme à l'égard de l'homme et sang ou menstrue à l'égard de la femme se joint ensemble à la formation du fœtus

Après avoir examiné de part et d'autre l'opinion d'Aristote et des médecins, il faut savoir de quelle manière et comment la femme reçoit ces semences. La femme lorsqu'elle est en action, éjacule sa semence dans le même temps que l'homme jette son sperme et ces deux sortes de semences se joignant ensemble dans la matrice de la femme, elles commencent à se mêler; et c'est dans ce moment que se fait la conception. On appelle concevoir quand les deux semences sont reçues dans la matrice ou dans l'endroit destiné de la nature pour la formation du fœtus. Après cette réception des semences, la matrice se forme de tous co^tés comme une bourse, de telle manière qu'il n'en peut rien sortir; et lorsqu'elle est ainsi fermée, les femmes n'ont plus leurs mois ou leurs ordinaires.

 

Sur quoi, il faut remarquer que les menstrues dans la femme ne sont autre choses qu'un aliment superflu, comme est le sperme dans l'homme, lequel n'est néanmoins pas inutile. On les appelle ainsi parce que les femmes ont ce flux de sang pour le moins une fois tous les mois, dès qu'elles ont atteint l'âge de douze ou treize, et le plus souvent de quatorze ans; et ce flux n'est réglé chaque mois que pour purger la nature; il arrive à quelques-unes pendant la nouvelle lune, à d'autres après. Ainsi, toute les femmes ne l'ont pas dans le même temps, ni ne souffrent pas la même douleur; les unes souffrent plus, les autres moins et quelques-unes fluent plus longtemps suivant leur complexion et leur tempérament.

Suite de l'absurdité moyenâgeuse dans une prochaine note

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