06.03.2009
Livre Premier -2
Suite de la première note du Livre Premier
Mais sur toutes les choses que nous venons de dire il y a plusieurs doutes; le premier est de savoir comment et par quelle chaleur se fait ce flux de sang. Sur quoi il est à remarquer que dans toutes les femmes il a la couleur du sang, excepté dans celles qui sont corrompues et remplies de méchantes humeurs; il ressemble alors à la couleur du plomb.
Quand je parle de celles qui sont corrompues, je n'entends pas celles qui ont perdu leur virginité; car, qu'elles soient vierges ou non, pourvue qu'elles aient l'âge, elles y seront indifféremment sujette; Il y a plusieurs signes pour connaître quand elles ont ce flux, nous en parlerons dans la suite.
Le second doute est si les menstrues fluent par l'endroit où il se purge ordinairement le ventre, ou bien en urinant par la matrice, à quoi l'on répond en peu de mots que les menstrues sortent de la matrice comme du sang cru et délié.
En troisième lieu, on demande pourquoi le flux de sang qui n'est que le superflu des aliments arrive plutôt aux femmes qu'aux hommes qui ont le sperme qui se forme de la même manière; il faut répondre à cela que c'est parce que la femme est de sa nature froide et humide et que l'homme au contraire, est chaud et sec. (Et comme la nature de l'eau est de couler, suivant les philosophes, l'humide qui est dans les femmes, ressemble à l'eau et celui des homme à l'ai, à cause de la chaleur naturelle qui l'agite continuellement. Et parce que la nature ne fait rien d'inutile et en vain, les femmes ayant beaucoup moins de chaleur que les homes et tous les aliment qu'elles prennent ne pouvant se réduire en chair, la nature qui fait tout pour le mieux, ne retient que ce qui leur est nécessaire et renvoi le superflu dans l'endroit où se conservent les menstrues. Il ne faut pas s'étendre davantage sur cette matière de peur d'en dire plus que le sujet ne demande
Note de la dactylo: sic, sic et re-sic!!! Suite dans une prochaine note mais c'est tellement ridicule que j'ai du mal à taper ces idioties en long texte, veuillez, je vous prie, m'excuser!
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28.02.2009
Les admirables secrets d'Albert le Grand
Livre premier - 1ere note
De la génération de l'embryon et de quelle manière l'homme est engendré; comment se fait la conception, et ce que c'est que les menstrues et le sperme, etc.
Ayant suffisamment instruit le lecteur du sujet que l'on doit traiter dans ce livre, on croît à propos, et même nécessaire, d'en venir à l'effet de de commencer cette matière par l'embryon. Il faut pourtant remarquer et savoir que tout homme qui est naturellement engendré est, suivant le sentiment des philosophes et des médecins, formé de la semence de son père et du pur sang de sa mère, avec cette différence qu'Aristote soutien que le fœtus se forme du seul sang de la mère et qu'ensuite la semence de l'homme s'évapore, au contraire, les médecins disent que la semence que l'on appelle sperme à l'égard de l'homme et sang ou menstrue à l'égard de la femme se joint ensemble à la formation du fœtus
Après avoir examiné de part et d'autre l'opinion d'Aristote et des médecins, il faut savoir de quelle manière et comment la femme reçoit ces semences. La femme lorsqu'elle est en action, éjacule sa semence dans le même temps que l'homme jette son sperme et ces deux sortes de semences se joignant ensemble dans la matrice de la femme, elles commencent à se mêler; et c'est dans ce moment que se fait la conception. On appelle concevoir quand les deux semences sont reçues dans la matrice ou dans l'endroit destiné de la nature pour la formation du fœtus. Après cette réception des semences, la matrice se forme de tous co^tés comme une bourse, de telle manière qu'il n'en peut rien sortir; et lorsqu'elle est ainsi fermée, les femmes n'ont plus leurs mois ou leurs ordinaires.
Sur quoi, il faut remarquer que les menstrues dans la femme ne sont autre choses qu'un aliment superflu, comme est le sperme dans l'homme, lequel n'est néanmoins pas inutile. On les appelle ainsi parce que les femmes ont ce flux de sang pour le moins une fois tous les mois, dès qu'elles ont atteint l'âge de douze ou treize, et le plus souvent de quatorze ans; et ce flux n'est réglé chaque mois que pour purger la nature; il arrive à quelques-unes pendant la nouvelle lune, à d'autres après. Ainsi, toute les femmes ne l'ont pas dans le même temps, ni ne souffrent pas la même douleur; les unes souffrent plus, les autres moins et quelques-unes fluent plus longtemps suivant leur complexion et leur tempérament.
Suite de l'absurdité moyenâgeuse dans une prochaine note
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18.08.2008
Le grand et petit Albert: entrons dans le vif du sujet
Comme indiqué dans les notes précédentes, ce qui suit, bien qu'attribué à Albert le Grand n'a rien à voir avec lui. Nous y voici! Quelques écrits tirés de cet inénarrable "bible" des sorciers du temps jadis qui se croyaient magiciens, médecins, voire philosophes.
"Epitre" (c'est l'introduction, résumée ici) est vouée à "son cher confrère en Jésus-Christ, …. Clerc…
"Le sujet de ce livre est un être mobile, appliqué à la connaissance des parties secrètes des femmes, afin qu'étant malades on puisse leur procurer les remèdes propres pour les guérir et qu'en les confessant on leur donne des pénitences proportionnées aux péchés qu'elles auront commis."
Albert le Grand divise ce livre en deux parties: dans la première, il écrit à un de ses amis et dans la seconde, il satisfait à une demande d'un prêtre qui le priait avec instance de lui apprendre quelque chose touchant les secrets des femmes, parce qu'elles sont tellement remplies de corruption, quand elles ont leur règles que, de leur vue, elles empoisonnent les animaux, infectent les enfants au maillot, tachent le miroir le plus propre, enfin, donnent la vérole ou des chances à ceux qui les connaissent pendant ce temps. Et, comme on évite le mal autant qu'on le connaît, il est nécessaire que ceux qui veulent s'abstenir du coït sachent les saletés qui l'accompagnent et plusieurs autres choses que l'on enseigne dans ce livre.
La sagesse est une connaissance de Dieu et des ses merveilles; ce qui a fait dire au philosophe, qu'à proprement parler, il n'y a point de science certaine de Dieu. Et Averroès assure que c'est l'unique chose qui mérite d'être recherchée parce qu'elle seule, fait notre bonheur en ce monde.
"après toutes les supplications justes et pressantes que m'a faite votre société, de lui écrire quelques chose touchant les secrets qui regardent la nature et la disposition des femmes, sur-le-champ et sans différer, je me suis mis à composer ce petit Traité; mais mon esprit, qui par sa faiblesse ordinaire, se laisse attirer aux objets selon sa capacité et les occasions qui se présentent, pourrait me servir d'excuses, cependant, n'ayant en vue dans cet ouvrage que votre satisfactions particulière, je vous écris cette lettre dans laquelle vous trouverez une partie de ce que vous souhaitez, je me sers tantôt d'un style de philosophe, d'autres fois de celui d'un médecin, à proportion que la matière semble le demander. Je vous prie de ne pas lire cet ouvrage en présence de jeunes gens, ni devant de petits esprits et je vous promets, Dieu aidant si vous le faites, que je vous enverrai non seulement un traité des choses que vous souhaitez, mais encore plusieurs autres qui regardent la médecine.
Le philosophe, parlant des animaux qui sont engendrés dit que la génération perpétuelle est comparée à un cercle et il se sert de cette raison pour prouver cette continuité dans la génération des animaux que tout individu, par un instinct qui lui est nature désire d'engendrer son semblable; en effet, tous les animaux tâchent de conserver, sinon eux-mêmes, du moins leur espèce. C'est ce qui a obligé le commentateur dans son Traité de l'âme, de dire que la nature n'ayant pu faire que l'homme restât toujours sans son même état lui a donné, par commisération, la puissance de perpétuer son espèce; et il ajoute que cette faveur lui est de beaucoup plus avantageuse que s'il en avgait été privé ou qu'il fût demeuré dans le néant."…
Suite "la pensée du Prince des Philosophes" (sic)
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12.08.2008
L'œuvre vrai d'Albert le Grand
En 1254, Albert devient le principal de son ordre et le pape Alexandre IV, espérant le fixer à Rome, le nomme maître du sacré palais. En 1260, il fut nommé évêque de Ratisbonne par le pape, mais après trois ans il demande au pape et obtient de celui-ci la permission d'abandonner sa charge. Ne se contentant pas de contester ponctuellement les travaux d'Aristote, il entreprend une encyclopédie d'ambition comparable De animalibus. Elle comprend:
le classement de plus d’une centaine de minéraux, ainsi que toute la faune et la flore d’Europe du Nord connue de son temps ;
une description détaillée de la reproduction des insectes, la croissance du poulet, des poissons et de mammifères ;
une étude sur les effets respectifs de la lumière et de la température sur la croissance des végétaux, ainsi que la question des greffes.
Ce vaste traité, achevé vers 1270, comprend 26 livres. Les 19 premiers sont des commentaires de l'œuvre d'Aristote, les suivants sont consacrés aux animaux qui marchent, volent, nagent et rampent dans une classification inspirée de Pline. Cette œuvre qui restera isolée dans son temps tranche sur celles de ses prédécesseurs comme Isidore de Séville et comprend beaucoup plus de descriptions fondées sur des observations réelles.
Il n'empêche que pour encore longtemps la zoologie restera une branche de la théologie dans laquelle les animaux seront étudiés pour les symboles divins qu'ils véhiculent. Son œuvre est riche en enseignements historiques et nous apprend par exemple qu'Albert le Grand ne connaissait l'usage du salpêtre que pour la fabrication de l'acide nitrique ou encore que l'ortie était encore citée comme fibre textile à cette époque....
09:23 Publié dans Alchimie, occultisme, cabaliste, Le Grand Albert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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07.08.2008
Toujours le grand et petit Albert
Les lectures de nos ancêtres paysans…
Comme déjà indiqué, des gens de classes supérieures en font l'acquisition, on soigne la présentation, on rajoute à grands frais cinq gravures assez fines et ce livre, le Grand Albert est réédité souvent avec l'adjonction du "Petit Albert". Des auteurs utilisent le nom célèbre d'Albert pour sortir de vagues ouvrages de recettes domestiques ou des foules d'ouvrages bien-pensants.
Les almanachs pour le petit peuple incrédule et ignare
Les figurines ou les signes qui illustrent couramment sont destinées aux analphabètes. Il s'agit souvent simplement que de feuilles volantes qui sont vendues à très bas prix. Pour les collectionneurs d'aujourd'hui, bien évidemment, elles valent des fortunes. Mais, le contenu, le plus souvent est farci d'ineptes superstitions que l'on peut imaginer facilement.
Seuls les sorciers et jeteur de sorts de toutes sortes pas très intellectuels l'utilisent encore au siècle dernier. Il garde un certain prestige. Claude Seignole, folkloriste a fait connaître bien des étranges pratiques dans les éditions et les médias et le prestige encore vivace du Grand Albert.. Il faut un certain doigté pour parler de ces choses pour ne pas froisser la susceptibilité des grands intellectuels, de grande et basse extraction, de notre pays. Il estime à environ quatre cent mille exemplaires encore vendus dans la seule région des Ardennes belge au siècle dernier.
De nos jours l'Almanach donne de trucs et astuces de l'ancien temps, les vieux proverbes et les divers noms de saints du calendrier…. Pas de quoi fouetter un chat… mais à y bien regarder, je suis sûre que dans certaines cuisines….
10:18 Publié dans Le Grand Albert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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05.08.2008
Petite évocation des diverses éditions du Grand Albert, le Livre
Les frères Béringos, Marcellin et Godefroy, sont des imprimeurs d'origine allemande (Lyon) éditent l'Albert vers 1550; ils ont pourtant un rang honorable chez les éditeurs lyonnais. Vers 1556, en déconfiture, ils sont obligés de céder leur affaire a d'autres frères, les Raynaud qui s'empressent d'éditer des ouvrages ainsi libéllés: Beringi Fratres, per Beringos Frates, chez les héritiers de Beringos Fratès. Des éditions apocryphes dont la plupart ont trait à la magie et à des matières interdites sont ainsi publiés au nom de frères qui n'y sont pour rien. Et l'imprimerie s'appelle "à l'enseigne d'Agrippa", domiciliation apparente de Lyon de ces faux Béringos. Le "Dispensateur des Secrets" est un éditeur inconnu du Grand et Petit Albert qui se protège avec ce pseudonyme imaginatif. Car l'édition peine à subsister et les éditeurs sont obligés pour survivre, d'éditer ces livres prohibés. Il y a cependant une aire de dispersion très étendue de ces ouvrages dans les anciennes possessions françaises, au Canada, Antilles, Afrique noire, Maurice.
Les Albert de Beringos sauf de 1765 à 1793, furent prohibés, à la diffusion clandestine ce qui perdura jusque vers 1830. Il est piquant de savoir que l'ouvrage le plus dévoyé, caché, et qui a le plus fait connaitre aux foules la réputation d'Albert le Grand malgré le travestissement complet de la réalité soit né à Lyon, la ville ou le Grand Albert le Grand fut souvent établit de par sa prédilection particulière pour cette ville et qui d'ailleurs conserve toujours ses reliques. L'ouvrage prohibé est colporté par des gens "sans nom, sans aveu, sans état ni domicile fixe" selon un rapport de l'Inspecteur de la Librairie. Certaines éditions portent la mention "Cologne" mais c'est la ville d'exil de Marie de Médicis qui, on le sait, était férue de magie et d'occultisme comme sa mère Catherine, adonnée à la pratique des arts magiques; n'oublions pas que Catherine de Médicis a appelé à sa cour un certain Nostradamus. Les gens éclairés n'ont pas détourné la piétaille et le silence fut complet sur ces diverses éditions "divagatoires". La tolérance était établie par la nécessité des libraires désargentés.
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31.07.2008
Petite évocation des diverses éditions
Qu'il faut traduire ainsi: Le petit livre d'Albert le Grand sur les secrets des femmes et, du même, celui des vertus des herbes, des pierres et de certains animaux. Egalement des merveilles du monde et de certains effets par certains animaux. Nous y ajoutons, à cause de la similitude du sujet, l'opuscule du Philosophe Michel Scot sur les secrets de Nature".
Je donnerais quelques recettes du fameux "secrets des femmes", quelques unes du fameux Traité d'Albert le Grand et ensuite quelques unes de l'opuscule de Michel Scot qui se divise en deux traités: un sur la physiognomonie mais pas sur la deuxième partie qui fait double emploi avec le Secret des femmes. Les premières traductions françaises parurent en 1500, à Turin: plusieurs traités réunies sous le vocable de "le Grand Albert des Secrets…"
Les divers ouvrages sont, nous l'avons vu pour une clientèle populaire ce qui se précise par le latin qui est maintenu et que tout le monde comprend puisque les gens vont écouter la messe en latin. Un certain Oudot Jean et après lui ses successeurs, commence une publication de collection de romans de chevalerie, de contes de fées, d'almanach, de facéties que l'on désignera sous le vocable de Bibliothèque Bleue. Cette entreprise n'eut jamais de problèmes d'argent! Oudot Nicolas, monte à Paris pour continuer l'exploitation de ces publications, vers 1665. On trouvera un catalogue de ce fond en 1726, publié par sa veuve. Les éditions se succèdent plus de deux cents ans! "Les Réceptes touchant le maniement de plusieurs métaux" sont la traduction d'un très vieux recueil car on y trouve la recette pour entretenir sa cotte de maille. Plus tard, un certain "Dispensateur des Secrets" extrait de cet ancien livre tout ce qui convient aux modernes de son époque. Que l'on retrouve dans le Grand Albert, un chapitre strictement pratique et, semble-t-il, dénué de toutes recettes de falsifications ou de fabrication de métaux précieux comme il s'en trouve dans le Petit Albert. On avait prit l'habitude, au Moyen-Age d'y adjoindre des extraits des Livres d'Histoire Naturelle de Pline, recueils qui sont imputés à Albert le Grand.
Le "Traité des fientes" ne se trouve pas dans les éditions françaises ou latines des Albert précédents. Oudot sort un "Recueil des Recettes excellentes de Dioscoride" un médecin militaire du 1er siècle de notre ère, et certaines de ses recettes se retrouvent dans l'Albert. De même que quelques recettes trouvées dans un recueil d'Euphorista (Remèdes faciles à se procurer) qu'il avait également édité.
Ce n'est pas tout; il est encore rajouté des morceaux du Gallien, l'un des plus grands médecins de l'antiquité, auteur de pharmacopées, dont Marc-Aurèle et son fils Commode se trouvèrent fort bien. Il faut savoir que les ouvrages de Gallien furent étudiés encore dans les universités jusqu'au XVIIIe siècle.
Puis des passages d'Epinette ou encore Paul d'Egine dit Aegineta) dans un ouvrage daté du VIIe siècle de notre ère qui était un chirurgien habile de l'époque dans ses "Praecepta Salubria"; vous saurez enfin que l'on utilisait le crottin de cheval ou de mulet macéré dans le vin blanc, contre la pleurésie dans les campagnes de l'Allier, par les guérisseurs vers 1890. Le Traité des Fientes met, par exemple, en pratique l'utilisation de la partie blanche des crottes de chien, l'utilisation de la fiente humaine, et même sachez que la fiente d'hirondelle et de poules est un excellent fébrifuge; je donnerais quelques exemples de ces recettes loufoques, semblent-elles aujourd'hui, mais utilisées souvent autrefois.
Dans le LIVRE IV "Des jours heureux et malheureux" est une sorte d'almanach perpétuel assez amusant. Pendant des siècles, les seuls livres imprimés furent la lecture de millions de français.
A suivre…..
12:51 Publié dans Alchimie, occultisme, cabaliste, Le Grand Albert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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25.07.2008
Une légende
Elle débute de son vivant et se perpétue et se continue jusqu'à nos jours; s'amplifiant et se déformant au fur et à mesure des décennies. Je ne commence pas par ces fameux écrits débiles "le Grand et le Petit Albert". Mais, avez-vous entendu parler de l'automate? Selon cette légende, Albert le Grand aurait construit cet automate soit dans son couvent de Cologne ou dans le château de Stauff. Mais, selon un vrai spécialiste de ce grand personnage, il s'agit d'une affabulation, simpliste; le même genre de niaiserie qui fait de Roger Bacon un précurseur des scientifiques modernes, précurseur et donc, persécutés par ses supérieurs. Il faut faire confiance aux historiens médiévaux qui depuis plus de 50 ans ont prouvé que ces affabulations sont sans fondement. Comme toujours, dans le milieu des "occultistes" existe le tout et le n'importe quoi, prônés ou vantés par des crétins qui veulent faire parler d'eux.
Revenons à l'automate fabuleux: Gabriel Naudé, -dans son ouvrage "Apologie pour les grands hommes accusés de magie" Paris, 1625- l'a bien expliqué. "il ne reste maintenant qu'à réfuter l'erreur de ceux qui sont persuadés que l'on pouvait forger des têtes d'airain sous certaines constellations: lesquelles rendaient par après des réponses qui servaient à ceux qui les possédaient de guide et de conduite en leurs affaires; ce que la populace d'Angleterre dit de Roger Bacon et de Tostat, évêque d'Avila (1400-1455) d'Albert le Grand, lequel, comme le plus expert, aurait composé un homme entier de cette sorte, ayant travaillé trente ans sans discontinuer à le forger sous divers aspects (planétaires) et constellations; lequel il fondait de métaux mélangés ensemble et marqués de caractères et de signes zodiacaux et planétaires…"
La seule explication de ces légendes est d'ordre alchimique, la tête en question étant le fameux "Capat mortuum" de l'œuvre, dont la manipulation canonique donne lieu à des signes sonores et visuels repérables pour la poursuite de l'œuvre dans la bonne direction.
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17.07.2008
Le plus savant personnage de son temps
Lorsque l'on parle des écrits de ce grimoire grimaçant et stupide (le) "Grand et le Petit Albert", on pense aussitôt à Albert le Grand qui fut le plus savant personnage de son temps (12e siècle); c'est la seule explication possible; le rayonnement et la notoriété de sa science sont tels que l'on est tenté de croire qu'il fut l'auteur de ces écrits stupides.
Qui est-il? Il est né en 1193 au bord du Danube, à Lauingen, fils aîné d'une famille de hauts fonctionnaires impériaux, famille très opulente. Mais, ce n'est pas la noblesse? Son frère Henri entre chez les Dominicains mais, dès sa prime jeunesse sont goût pour l'observation des animaux et de la nature en général le retiens loin du chemin de l'Eglise. En 1222, on le sait en Italie, dans la région de Brescia où auront lieu de terribles tremblements de terre durant un mois. Il voyage seulement pour parfaire son intérêt des sciences naturelles sans que l'on sache si à cette époque, il était étudiant dans une quelconque université ou employé quelque part. Vers 1229, finalement, il prend l'habit de moine après un terrible combat intérieur; il croit voir en songe la Vierge qui lui donne des qualités intellectuelles fortes dont il s'estimait insuffisamment pourvue, selon ses propres dires. A partir de ce soi disant don donné, il stupéfie son entourage par sa prodigieuse mémoire et son habileté dialectique. Vers 1230, il fait 4 ans d'études à Cologne, passe des examens pour être enseignant et va dans plusieurs couvents de son ordre. Il fait un tour à Strasbourg, étudie une comète rare; envoyé à Paris, il acquiert de nouveaux grades universitaires. Il finit par recevoir l'autorisation d'enseigner à l'Université. Il passe le grade de maître, une foule étonnante et inhabituelle d'auditeurs assiste à ses cours. Il possède un extraordinaire prestige personnel, déjà. Il explique Aristote.
En 1248, il crée un Institut d'études supérieures. Il fait des tournées dans des couvents, respecte strictement le vœu de pauvreté, marche à pied, sans argent, accumule l'observation de géographe et naturaliste.
A Paris, vers 1256, Saint Louis est le roi de France; on tente de lui interdire, en tant que moine, de donner des cours; il doit se défendre, plaider sa cause. La réfutation qu'il fait au cours de sa plaidoirie émerveille l'assistance des théologiens et des juristes. C'est dans de telles occasions que les intellectuels de l'époque, entrainés à des performances de mémoire et de subtilité scholastique dont les modernes seraient incapables, reconnaissent à Albert des dons intellectuels non seulement supérieurs, mais miraculeux.
Nommé évêque en 1260 malgré son manque de goût pour ces fonctions administratives. La simplicité de sa mise et de sa suite contrastent avec celle du prédécesseur: le peuple le surnomme "bottine à lacet" à cause de ses grosses chaussures de marche pour des tournées toujours faites à pied, ses mules ne servant qu'à transporter ses effets et ses manuscrits. Malgré sa modestie et son humilité, on fait circuler de malveillantes rumeurs sur ses expériences scientifiques et ses observations naturalistes.
Vers 1263, en Allemagne, il est chargé de prêcher une nouvelle croisade. On le trouve en Alsace vers 1264 où il étudie toujours, intéressé par les spéculations néoplatonicienne autant que par l'aristotélisme. "On ne peut être philosophe, dit-il que si l'on est à la fois disciple de Platon et d'Aristote". Il voyage constamment, consacre des églises; repart à Cologne apaiser une révolte. En 1277, il court à Paris car certaines œuvres de Thomas d'Aquin sont attaquées à l'Université pour les défendre publiquement.
Il meurt le 15 novembre 1280; vers 1480, on transfère ses restes dans un magnifique tombeau; on retrouve le corps presque intact mais retourné dans l'attitude de la prière; il répand une odeur suave (sic) Il est bienheureux en 1637 car des miracles seraient accomplis sur sa tombe; canonisé en 1931 par Pie XI; en 1941, Pie XII le consacre patron des sciences et des scientifiques chrétiens.
Son œuvre écrite est d'une colossale ampleur, elle n'a pas été complètement imprimée; elle tiendrait dans une vingtaine de volumes in-folio de plus de 800 pages chacun. Son œuvre embrase tous les domaines de la connaissance et de la recherché, explorés à son époque, sauf le droit; certains écrits sur les mathématiques sont perdus. Il avait, on le voit, une prodigieuse activité physique: combien de milliers de lieues parcourues à pied par tous les temps?, administrative, diplomatique, surtout, un médiateur adroit et respecté, scientifique; il prenait des notes sur tout et toutes les régions traversées; il a pratiqué l'expérimentation physique et chimique grâce aux moyens matériels de sa fortune personnelle; sa principale activité à été didactique orale autant qu'écrite. Des centaines de pages de théologie et de philosophie; il a donné l'essor à l'aristotélisme mais aussi aux spéculations platonicienne. "Albert fut Grand dans la magie, plus grand dans la philosophie, suprême dans la théologie"; la magie, à cette époque, n'est pas celle que vous imaginez aujourd'hui, nous en reparlerons. Il est entré dans La Légende mais il ne peut pas être l'auteur de ces écrits stupides dont on reparlera. Il est au centre de multiples légendes.
A suivre...
Rappel: Le "Dispensateur des Secrets", je le rappelle est un éditeur inconnu du Grand et Petit Albert qui se protège avec ce pseudonyme imaginatif.
06:45 Publié dans Alchimie, occultisme, cabaliste, Le Grand Albert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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06.07.2008
Tout, tout, tout, vous saurez tout…
sur le Grand Albert… et même Le Petit
Vous n'aviez jamais entendu parler du Grand Albert? Il est célèbre par son mystérieux manuscrit. Nous reparlerons plus loin du personnage, voyons pour son manuscrit si célèbre.
Ce texte remonterait, en partie, au XIIIe siècle. On le trouve sous près d'une soixantaine de copies manuscrites entre le XIVe et le XVIe siècle; bien évidement, la diffusion des livres grâce à l'imprimerie va lui permettre d'être surmultiplié et en de nombreuses traductions: italiennes, françaises, allemandes. On en ressort un sous le nom de "Secret des Femmes"; mais, les textes seront interdits vers 1760. On retrouve le reste du recueil, à nouveau publié fer le XVIIIe siècle. Il est de nouveau prohibé, et revient de temps en temps; en fait, les textes sont en ancien latin assez incompréhensible pour les modernes. Un éditeur anonyme le transcrit en bon français du siècle dernier et l'ouvrage connaît un extraordinaire succès. Le fameux anonyme se fait connaître sous le pseudonyme "le Dispensateur des Secrets", il réalise une édition soignée et fait inclure 5 gravures fines. Il eut tellement de succès avec son premier "Grand Albert" qu'il finit par faire un suite "le Petit Albert" qui aurait été écrit par Albertus Prarvus Licius. Il contient des fragments de secrets alchimiques et des recettes trouvées dans des livres secrets. Le Grand et le Petit Albert vont donc être édités ensemble; j'ai trouvé une édition de 1970 dans laquelle j'ai puisé tous mes renseignements, éditions Pierre Belfont.
Il s'agit de textes tout à fait cocasses, bourrés de fautes de syntaxe, de coquilles d'édition qui travestissent des vieux termes, oubliés à l'heure actuelle. Cette littérature est exclusivement imprimée POUR le peuple et LUE par lui. La plupart des textes sont restés, dans le fond et dans la forme, tels qu'ils étaient au XVIe siècle; il faut savoir que chaque nouvelle édition augmente le nombre de fautes typographiques: plus l'on ne comprend plus ce qui est écrit, plus il y a des fautes d'écriture! Imaginez l'incroyable charrabia! La dégradation est progressive et constante à partir des Albert sortis en 1820. Ces ouvrages sont disséminés par le colportage.. En 1852, une commission siégeât pour tenter d'élimine les "mauvais livres" ainsi colportés. L'académicien Charles Nizad, spécialiste de fines traductions latine jugea ainsi le fameux Grand Albert: "le plus célèbre, le plus absurde et le plus dangereux des livres de cette classe".
Un autre écrivain, Quérard, Grand et le Petit Albert: "fatras stupide que l'on attribue bien à tort, au célèbre dominicain, a dû au sujet croustilleux (sic) qu'il aborde, l'honneur d'être fort souvent réimprime au XVe siècle et depuis". L'interdit dont était frappé cet ouvrage donnait à celui-ci une valeur particulière.
Et vous, connaissez-vous ce bouquin pleins de stupidité crasse?
suite dans d'autres notes
10:50 Publié dans Alchimie, occultisme, cabaliste, Le Grand Albert | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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