16.06.2009

Ne sera plus PSYCHOTHERAPEUTE qui veut !

Loi Bachelot :

L’exercice de la psychothérapie exigera dorénavant une formation en psychopathologie clinique de haut niveau dispensée dans des établissements agréés. La loi Hôpital, Patients, santé, territoire, adoptée au Sénat vendredi 5 juin, a encadré sérieusement cet exercice. Jusqu’à aujourd’hui, un vide juridique laissait exercer comme psychothérapeute qui voulait, au grand dam des autres professionnels du champ " psy " et de nombreux patients qui en faisaient parfois les frais sur le plan psychique… Petit zoom sur les différentes professions du champ " psy " et sur ce nouvel amendement. 

 

Le psychiatre, médecin spécialisé en psychiatrie, est préparé à traiter des maladies mentales sérieuses et à les traiter surtout à l'aide de médication. Certains psychiatres vont ajouter aux médicaments la psychothérapie qu'ils assument soit eux-mêmes soit en collaboration avec d'autres professionnels psychothérapeutes.

 

Le psychologue obtient le titre après cinq années d’études au minimum, soit à l’université, de la licence au master de psychologie soit au sein de deux écoles qui assurent cette formation : l’École des psychologues praticiens, à Paris et à Lyon, et le CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), à Paris. Il intervient sur les problèmes de psychologie de tous ordres. Il peut suivre une spécialisation pour exercer en tant que Psychologue -psychothérapeute.

 

Le psychanalyste ou analyste est la personne qui traite des patients confrontés à des difficultés d’ordre psychologique ou névrotique, au moyen de la discipline que constitue la psychanalyse.

 

La plupart des psychanalystes ont une activité mixte, associant l’exercice libéral et la pratique en institution (les CMPP (centres médico- psycho- pédagogiques), IMP (instituts médico-pédagogiques), CAMSP (Centres d’action médicosociale précoce) ou établissements hospitaliers. Il doit obligatoirement avoir effectué personnellement une analyse de plusieurs années. Sa formation est assurée dans le cadre de l’une des " sociétés " de psychanalyse ou " d’écoles " psychanalytiques affiliées à l’Association psychanalytique internationale (API). Un psychanalyste possède fréquemment une solide formation universitaire initiale en psychologie. Le psychanalyste est soit un psychiatre ou un psychologue de formation ou a suivi une formation avancée en sciences humaines, (philosophie, sociologie ..). Cependant aucune disposition légale ne réglemente la pratique de la psychanalyse en France. Le plus souvent, les thérapeutes appartiennent à une " société "

 

Les psychanalystes n’étaient pas favorables au projet de loi visant à réglementer l’usage du titre de psychothérapeute en impliquant les associations de psychanalyse par le biais de leurs annuaires s’inscrit dans ce processus.

 

Le titre de psychothérapeute et l'acte de psychothérapie n'étaient pas protégés par la loi, comme l'est l'acte médical par exemple. Certains psychothérapeutes n'ont pas la formation de base en psychologie, mais ont suivi une formation leur permettant de faire une "relation- d'aide" de qualité.

 

Profitant d’un " vide juridique ",  des particuliers sans formation médicale ou psychologique s’établissent chaque année à leur compte en s’instituant psychothérapeutes. En effet, la loi adoptée le 9 août 2004 se borne à définir " les conditions de formation théoriques et pratiques en psychopathologie clinique pour y prétendre." Ces psychothérapeutes sans formation particulière revendiquent leur appartenance au " champ psy " au même titre que les psychiatres, les psychologues cliniciens ou les psychanalystes formés et supervisés dans le cadre d’une société reconnue. Ses éventuels certificats ou diplômes n’étaient pas, jusqu’à maintenant exigibles ou agréés par les pouvoirs publics pour l’autoriser à exercer.

 

Le Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a souhaité encadrer le titre de psychothérapeute pour éviter les dégâts psychiques liés à un exercice non qualifié de la psychothérapie. Le texte adopté au Sénat prévoit une formation théorique et clinique en psychopathologie accessible aux "titulaires d'un diplôme de niveau doctorat donnant le droit d'exercer la médecine en France ou d'un diplôme de niveau master dont la spécialité ou la mention est la psychologie ou la psychanalyse ou Doctorat de médecine". Le diplôme de niveau master pourra être délivré par un établissement d'enseignement supérieur dans le cadre de la validation des acquis de l'expérience (VAE). Cet article dispense bien évidemment les professionnels qui ont déjà acquis cette formation de la renouveler. Les professionnels justifiant de 5 ans de pratique de psychothérapie bénéficieront de dispositions transitoires ratifiées par décret.

 

Mis en ligne par Maurice Chevrier, Santé log

15.07.2008

LA NEUROTHÉOLOGIE - 3 et fin

Le fanatisme et l'intégrisme sont le résultat d'un dysfonctionnement grave des régions cérébrales profondes. Les formes géométriques et les idées simples des symboles religieux "pertinents" selon l'expression de l'anthropologue en sciences cognitives, Dan Sperber. Les neurones qui, d'ordinaire peinent à extraire d'une image des segments de droite ou des bords contrastés, sont littéralement galvanisés à la simple vue d'une croix ou d'une étoile. "Comblés", ils réagissent en nombre et envoient un signal fort au reste du cerveau qui raisonne et arrête momentanément de raisonner. A chaque cérémonie ou liturgie, l'officiant, quel qu'il soit: Chaman, sorcier, rabbin, iman ou prêtre joue sur l'émotion en rappelant aux fidèles, dans un langage particulier, un langage "métaphorique", ce qui leur en coûterait de quitter la communauté. Les rites de passage s'accompagnent souvent d'humiliations, de sévices pour inculquer à l'impétrant, l'oubli de soi en tapant sur son système limbique, le grand ensemble qui orchestre les comportements affectifs et assure les réflexes de survie.

 Saviez-vous que notre cerveau a une forme de bonnet phrygien ? Au cours de l'évolution, l'encéphale s'est complexifié; celui de l'homme est très compliqué, disons le plus compliqué de tous. A mesure que notre ancêtre s'est relevé (quand l'animal s'est redressé) il a gagné des cellules nerveuses en surface et en épaisseur. La matière grise pivote, recouvre le sommet de la tête et glisse lentement sur le front en tournant autour de son axe. Les structures les plus récentes du cerveau se retrouvent au sommet et à l'avant du cerveau (ce sont les deux cortex frontaux et préfrontaux qui font défaut aux reptiles et aux mammifères insectivores) ils sont animés par les pensées les plus subtiles. Les structures cérébrales profondes forment le système limbique qui comprend: les amygdales, l'hippocampe, le septum, les bulbes olfactifs. Appelé de façon archaïque le "cerveau reptilien", ce système a deux fonctions vitales: en premier, il contrôle les fonctions végétatives et adapte l'organisme aux changements d'environnement. Lorsqu'un prédateur, ou un intrus surgit, il accélère, à distance, le rythme cardiaque, ralentit les contractions intestinales, évacue le sang de la périphérie du corps afin d'éviter, en cas de blessure, les hémorragies, fatales.

En second, il a pour fonction également de sentimentaliser les perceptions et permettre de deviner les émotions d'autrui. Il devine instantanément si le fâcheux est dans de bonnes dispositions ou pas. Bref, il permet de développer des réponses comportementales, très nuancées, grâce au plus puissant des moteurs de l'action: l'émotion. L'initiation dompte ce "cerveau reptilien "; aujourd'hui, de façon moderne on dit "cerveau paléomammalien" ; dans les sectes, l'impétrant devient soit un maître, soit un agneau (prêt au sacrifice).  "A l'époque des croisades, les Assassins ou Haschischins, se jetaient du haut d'un donjon à la seule demande du Vieux de la montagne, leur leader spirituel, note Patrick Jean-Baptiste. L'époque moderne a inventé, au Japon, une des sociétés les plus ritualisées de la planète, les kamikazes, toujours d'après cet auteur." N'oubliez pas, récemment dans l'actualité française ces gens qui se sont immolés par le feu pour "soutenir" le retour de leur leader voilée.

Mais, tout le monde n'est pas égal devant Dieu. Certains sont mieux armés que d'autres. Pour peu que les prédispositions naturelles de l'individu aient été raffermies par un trajet personnel ou, bien au contraire, les ressorts de la foi cassés par des transports antireligieux, une même émotion qui inspire soit une "douce présence divine", soit un insoutenable sentiment d'oppression ou, rien du tout! Les femmes sont plus tournées vers le ciel que les hommes: cette hypothèse machiste est pourtant confirmée en France par les données des dernières statistiques.

D'après ces chercheurs, si les femmes sont plus accrochées aux religions diverses, c'est à cause de leurs amygdales cérébrales qui sont plus denses que les amygdales masculines. Ces noyaux, en forme d'amandes (amygdalée, en grec) n'ont rien à voir avec celles que nous avons au fond de la gorge et que l'on nous retire souvent chirurgicalement. Les amygdales du cerveau sont attachées à chacun des hémisphères cérébraux. Par leurs connexions avec de nombreuses régions du cortex, elles modifient l'éveil général du cerveau, et de l'organisme, mais aussi l'humeur. "Les amygdales sont, en quelque sorte, les rotules des fonctions supérieures du cerveau, l'articulation de l'esprit avec le corps, telle que l'envisageaient les philosophes, même si cet esprit, les neuro-apôtres le jurent, n'est qu'un état de la matière, écrit Patrick Jean-Baptiste. Pour aller plus loin, l'information doit montrer patte blanche, être jugée significative par les janissaires, sans quoi, elle n'entrera jamais dans le couloir des hippocampes pour y être enregistrée comme souvenir plus ou moins saillant. Avec le temps elle finira d'ailleurs par s'imprimer à l'intérieur du cortex cérébral, probablement sous la formes de nouvelles connexions."…. "La vérité". Les mystiques, eux, par l'ascèse, l'isolement, les chants parviennent à affaiblir l'impact du monde extérieur sur le monde intérieur jusqu'à entrer dans un état second." D'après Patrick  Jean-Baptiste.

Juges, et parties décisives du système limbique, les amygdales jouent un rôle central. Des amygdales irritées par des électrodes au lieu de rendre gorge à des émotions primitives, comme la colère ou la peur, déclenchent, assez vite chez le sujet, une rage durable et intraitable qui persiste même lorsqu'on arrête les stimulations. Des amygdales, enflammées par des initiations religieuses précoces, suivies de prêches, sermons, d'appel à la haine, d'images symboles (il existerait des neurones qui réagissent à la croix jusque dans les amygdales) peuvent conduire droit à l'intégrisme. "Le fanatisme est un dysfonctionnement grave des régions cérébrales profondes, soutient Patrick Jean-Baptiste. Ce n'est pas le désespoir qui provoque les attentats-suicides mais une initiation réitérée par des actes spectaculaires, souvent violents qui stimulent comme des électrodes, les amygdales. Les structures "neurognostiques" sont à la longue, désensibilisées et, le fidèle est prêt à transgresser l'ultime limite en mettant fin à ses jours et en tuant un maximum de personnes au nom d'Allah… " … (Ou de qui vous voulez….)

A l'appui de sa thèse apocryphe, le journaliste de Sciences et Avenir rappelle un fait divers sanglant qui n'a rien à voir avec Dieu mais énormément avec les amygdales: en 1966 un certain Charles Whitmman tue sa femme et sa mère; il attend le lendemain, monte sur la tour de l'université du Texas, tire dans la foule, tue 16 passant et en blesse grièvement 38 autres avant d'être descendu par la police. Incapable d'expliquer son envie de meurtre autrement que par un besoin irrépressible d'effectuer un travail soigné, le forcené exprime, dans une lettre une dernière volonté: après ma mort, je souhaite que l'on m'autopsie pour découvrir s'il y a pas de désordre psychique. J'ai, jadis souffert de terribles maux de tête, écrit-il la veille du passage à l'acte. Les exécuteurs testamentaires en ouvrant la boîte crânienne, tombent sur une tumeur cérébrale qui, en lui écrasant les amygdales cérébrales a gravement nui à l'intégrité psychique de l'assassin. Ainsi donc, avec l'inflammation des amygdales cérébrales perturbent gravement les fonctions cérébrales de réflexion. La religion, en tant qu'acte collectif, répond au besoin de renforcer la cohésion du groupe pour augmenter les chances de survie des individus, qu'ils soient chefs de meutes, dominateurs ou simples personnages.

La biologie de Dieu, comment les sciences du cerveau expliquent la religion et la foi,

ed Noémis, 310 p. Patrick  Jean-Baptiste

13.07.2008

LA NEUROTHÉOLOGIE - 2

Une inattention volontaire qui implique une modification profonde de l'aire d'attention associative droite, laquelle par des réactions en cascade, agit sur le lobe pariétal droit, dont les neurones, privés des informations habituelles, adoptent leur tempo, se désynchronisent, court-circuitant le lobe gauche et déclenchent le grand flash.

Cette capacité de se déconnecter des contingences extérieures pour se propulser vers la lumière indique que notre cerveau est prédisposé à la religiosité, comme préprogrammé pour s'ouvrir à la transcendance. Ensuite, tout n'est qu'affaire d'environnement, de dons innés, de travail personnel et de sexe. L'organe de la pensée est très plastique, malléable à souhait et il n'y en a pas un semblable dans la nature. Sa construction est dicté par les gènes mais le milieu dans lequel il baigne l'imprègne et modifie une partie non négligeable des connexions. Quand une pathologie se greffe sur un cerveau éduqué dans la religion, cela peut donner des conversions subites et des visions inédites. Les neuropsychiatres, en se fondant sur la description donnée par les Evangiles, le Coran ou les livres d'histoire, au vu des symptômes manifestés par certains prophètes, diagnostiquent chez ces patients d'un autre âge, une épilepsie du lobe temporal droit. Un dérèglement de l'activité électrique dans ce groupe de neurones provoque des hallucinations visuelles et auditives très particulières, sauf chez les gauchers dont le cerveau est différemment latéralisé et organisé. Le sujet en phase aiguë voit de la lumière et entend des paroles, comme saint Paul sur le chemin de Damas ou Jeanne d'Arc dans son village lorrain. La métamorphose de Paul, converti par le Christ qui peut s'expliquer par une crise d'épilepsie restreinte et limitée aux territoires occupés par le lobe temporal droit, probablement provoquée par la fatigue et l'angoisse.

 Même chose pour la Pucelle d'Orléans. Elle va à la messe, connaît par chœur l'Ave Maria et le Credo, communie, se confesse et joue avec les autres enfants du village près de l'"arbre aux fées". Réfugiée pendant la guerre de Cent ans -et donc, arrachée a ses habitudes,- elle entend des "voix"; pour les disciples de la neurothéologie, il s'agit d'une anodine crise d'épilepsie qui se serait transformée en grave crise de foi pour nombre de thaumaturges. Ces neuro-apôtres égrènent comme un chapelet des noms illustres qui, selon eux correspondent à des cas cliniques plus que stéréotypés, à verser au dossier des visions béatifiques pathologiques: Mahomet, Bouddha, Ste Catherine de Sienne, les deux saintes Thérèse - d'Avila et de Lisieux.

La méditation transcendantale acquise à force de privation, de travail, de jeûne, de mortification, de maîtrise de soi n'est accessible qu'à un petit nombre d'initiés; et l'épilepsie du lobe droit, innée ou accidentelle, ne frappe qu'une poignée d'élus. L'art de la prière, en revanche, s'adresse aux masses pieuses mondiales. Cet art populaire repose sur des milliers d'années de manipulation mentale empirique dont les scientifiques essaient de dégripper les rouages. Pour le neuropsychiatre, la prière répond à un besoin physiologique. Comme le rire ou les pleurs, elle peut être suscitée en chatouillant ou en gratouillant certaines zones précises du bulbe.           

Michaël Persinger en a fait l'expérience dans son laboratoire de l'université Laurientan de Sudbury, dans l'Ontario. En balayant, avec de faibles signaux électromagnétiques les crânes d'un peloton de volontaires, il a déclenché, sinon une envie irrépressible de prier, du moins des réactions qui s'en approchent: les uns ont confessés se "sentir touchés par Dieu", d'autres ont parlé de démons ou d'esprits maléfiques. Avec des machines plus puissantes, l'optimiste canadien affirme que l'on pourra bientôt vénérer sur commande en activant artificiellement les circuits neuronaux ad hoc et offrir des cures de prières, y compris aux athées stressés par la vie moderne.

Car la religion a des vertus antistress, bien connues et maintenant reconnues par la science. Une étude épidémiologie menée en mai 2000 par les Prs Mihaël McCullough et William Hoyt, auprès d'un échantillon représentatif de 125 826 américains, a montré que les croyants rendent leur âme à Dieu plus tard que les brebis égarées qui ne pratiquent aucun rite. Pratiquer est un guide de solidité et de longévité. Ne pas croire, ne pas chercher d'intentions sous-jacentes exige un travail de rationalisation de tous les instants. Il faut lutter contre sa nature humaine qui est d'interpréter, d'anthropomorphiser les idées, d'intentionaliser les événements et cela doit être usant à la longue. La foi est salutaire; mais attention toutefois aux effets toxiques à fortes doses. Utile à la fois à la santé publique et aux liens sociaux, 'l'opium du peuple" évolue au cours de l'histoire humaine et prend le visage d'agents surnaturels dans les peuplades de chasseurs-cueilleurs, de divinités garantissant l'ordre dans les civilisations urbaines primitives, de dieux trônant au panthéon dans les royaumes antiques, de Dieu national lorsque apparaît l'idée de nation et de dieu unique avec la naissance des premiers empires. A chacune de ces étapes, la même morale des origines se complexifie, subit une nouvelle mutation à la mesure des attentes nouvelles des hommes, souligne Patrick  Jean-Baptiste

Les chefs de cultes le savaient intuitivement depuis la nuit des temps, les prix Nobel de physiologie et de médecine Davil Hubel et Torsten Wiesel l'ont confirmé récemment: lorsque des aires cérébrales ne sont pas sollicitées, elles s'atrophient. Pour renforcer la cohésion de la société et la croyance des ouailles, toutes les religions, même les plus reculées, recommandent une pratique régulière, dès le plus jeune âge. Offices, fêtes rituelles, incantations, psalmodies  chœurs, objets sacrés soudent le groupe et réactive  les circuits neuronaux qui alimentent la foi. En particulier "le circuit de la récompense" qui fait gicler à l'intérieur des circonvolutions entre autres neurotransmetteur, de la sérotonine et de la dopamine d'ou découlent bien être, euphorie, plaisir, exaltation. La musique agite un peu plus le bocal. Tout prédicateur sait, par la liturgie, modifier l'activité des neurones avec, parfois, s'il est vraiment génial, le doigté d'un organiste et donc; faire vibrer les tuyaux qu'il faut, dans l'ordre qu'il faut et ce, pour contempler ses ouailles, les conduite au plus près de Dieu, commente Patrick Jean-Baptiste.

a suivre

08.07.2008

LA NEUROTHÉOLOGIE - 1

Outre-Atlantique, des experts traquent des neurones impliqués et/ou spécialisés dans la spiritualité; ces chercheurs ont intitulé leur courant "neurothéologie" et celui-ci agite le landernau des neurosciences. Les scientifiques tentent d'expliquer les phénomènes religieux par des variations chimiques du cerveau. Les états de grâce, les prières, l'extase, l'apparition de la Vierge, les voix d'outre-ciel transitent obligatoirement par les cellules nerveuses; ces chercheurs voudraient vérifier dans quelle mesure le divin est une sécrétion de la matière grise et si d'aventure par le biais de ses connexions, le Tout-Puissant a élu domicile dans notre hémisphère droit, l'hémisphère de la symbolique.

Les hommes de sciences ne plongent pas dans la métaphysique: croire ou ne pas croire, n'est pas la question. Les nouveaux biologistes veulent seulement savoir quelles sont les régions cérébrales réceptives à la chose spirituelle: ils se demandent si des pathologies, comme l'épilepsie du lobe temporal droit ne peuvent pas expliquer certaines conversions et visions de prophètes. Et, si une éducation religieuse intensive, en irritant des zones sensibles peut conduire à l'intégrisme.

Comment des figures géométriques simples qui n'existent pas dans la nature, comme les rayons de la roue des hindous, l'étoile de David et la croix; en stimulant des neurones par paquets, connectent à l'insu de l'individu son cerveau avec l'au-delà? Comment la musique, une invention typiquement humaine, en monopolisant des régions particulières de l'organe de la pensée, cimente les convictions religieuses?

Dans la "Biologie de Dieu" Patrick Jean-Baptiste, neurophysiologiste de formation et journaliste à Sciences et Avenir, éclaire le profane sur cette voie de recherche phare aux Etats-Unis et plutôt encore en friche dans l'Hexagone: un vrai chemin de croix qui part des amygdales pour atteindre le cortex frontal, siège des fonctions cognitives les plus sophistiquées. Les premiers à avoir testé les ressorts de la foi dans une étude publiée il y a deux  ans sous le titre "Pourquoi Dieu s'accroche ?" de  †Dr d'Aquili et A. Newberg –sous-entendu, à nos cerveaux. Afin de visualiser les régions du cerveau impliquées dans l'expérience mystique, ces deux chercheurs de l'université de Pennsylvanie ont fait passer des IRM  à des moines bouddhistes et des sœurs en prières. Ils ont filmé avec des caméras à positrons les zones qui s'activent pendant les actes de dévotions.   

Les "cobayes" contemplatifs devaient tirer sur une cordelette lorsqu'ils pensaient avoir atteint le pic du recueillement ou nirvana bouddhiste afin que les chercheurs puissent enregistrer le bouleversement qui se produit à ce moment précis. D'après ces dévots prieurs, l'émotion semble identique à l'instant de l'extase de la prière; cette similitude "d'amour divin" se retrouve dans les enregistrements informatiques. Quelle que soit la religion, les faisceaux de neurones situés dans le lobe pariétal supérieur, vers le haut et l'arrière du cerveau, s'éteignent au moment de la communion totale. Or, la région est connue pour traiter les informations sur l'espace et le temps. Si l'influx sensoriel n'accède plus à cette zone, le cerveau ne fait pas le distinguo entre le non-moi et le moi et n'a d'autre choix que de percevoir le soi commun tout sans fin, lié à tout chose.

Ainsi donc, "différentes régions du cerveau sont mobilisées pour analyser, appréhender, interpréter, créer, s'inventer le monde. Nous vivons dans une sorte d'hallucination individuelle qui devient collective par l'intermédiaire de la culture; et  les sens, en modérant en permanence nos visions, rétablissent "la vérité". Les mystiques, eux, par l'ascèse, l'isolement, les chants parviennent à affaiblir l'impact du monde extérieur sur le monde intérieur jusqu'à entrer dans un état second." d'après Patrick  Jean-Baptiste.

Est-ce la main de Dieu qui coupe l'organe moteur du monde extérieur pour ne pas être dérangé pendant la communication? Ou bien on ne sait quel processus interne provoque la panne des sens; d'Aquili et Andrew ont refusé de trancher. Ils ne disposent d'aucun moyen, disent-ils "de déterminer si les modifications neurologiques associées à l'expérience spirituelle signifient que c'est le cerveau qui "provoque" ces expériences ou si, au contraire, il perçoit une réalité spirituelle". Humilité scientifique oblige, nos chercheurs se contentent d'analyser les deux voies opposées qui permettent à l'Homo Sapiens- sapiens de se hisser sur des cimes radieuses par la médiation transcendantale: la Via positiva consiste à fixer un objet et la Via négativa exige de ne penser à rien, de vider entièrement la tête. Chacun, par une activité mentale spécifique perturbe le fonctionnement normal du cerveau au point de le déconnecter de la réalité, via des engrenages compliqués, que les deux chercheurs ont réussi à démonter un à un. La première voie a été empruntée par les grands mystiques dès la fin du Moyen Age. En concentrant son attention sur un objet affectivement chargé –une reproduction pieuse, un tableau sacré, un gadget béni – ou même sur des images mentales comme les feux de l'enfer, les joies du paradis, les tortures terrestres ou le martyre des saints, le méditant reçoit sur son lobe pariétal droit des messages qui lui parviennent de l'extérieur par les aires visuelles mais aussi par les souvenirs emmagasinés à l'intérieur des différentes régions du cortex visuel associatif, situé sous les lobes temporaux et occipitaux. Les images réelles, en réveillant les images gravées dans la mémoire, augmentent indirectement l'activité de l'hippocampe droit qui, par le biais de ses connexions inhibitrices, débranche progressivement le lobe pariétal droit tout en stimulant les noyaux de l'hypothalamus qui contrôlent à distance le cœur et les poumons. S'ensuit une perte d'orientation qui se traduit par une impression d'espace infini et s'accompagne d'un ralentissement du rythme cardiaque et de la respiration. Si la méditation est efficace, tous les équilibres neurophysiologiques finissent par rompre d'un coup, brutalement. Le lobe gauche chargé de maintenir la coupure entre le soi et les autres disjoncte à son tour. Le sujet atteint alors une quiétude béate, l'extase absolue, le nirvana. Il tombe dans l'EAU (Etre Absolu Unitaire) disent les neurophysiologistes. La Via négativa donne à peu près le même résultat en contraignant le méditant à ne fixer son attention sur rien.

a suivre

25.06.2008

Mimi qui croit aux revenants

Hier, je vois sur LCI, notre vedette nationale, Mireille Darc. Elle vient de sortir un sortir un ouvrage intitulé "mon père" et comme vous le savez, pour qu'il se vende bien, faut se dévouer et faire le tour des médias. Apparemment, cette ancienne splendeur du cinéma avait un sacré secret de famille (comme tout le monde!): son père n'était pas son père…. mais sa maman est décédée depuis 10 ans lorsqu'elle reçoit un appel téléphonique d'un de ses amis qui lui demande expressément de noter un numéro de téléphone et, vraiment, d'appeler cette dame qui a quelque chose d'important à lui dire.

Donc, voilà Mireille Darc qui agit ainsi. Rentrée chez elle, elle contacte le fameux numéro. Dialogue approximatif. Bonjour, je suis madame machinchose et j'ai un message de votre maman à vous transmettre. Interloquée et ravagée, Mireille Darc raccroche rapidement. Puis, elle réfléchit un peu et finalement, re-décroche le téléphone.

La personne lui dit: voilà, je vais me concentrer et me mettre en relation avec votre maman. Puis, Mireille Darc entend: bonjour ma chérie. Et dit-elle, ces mots sont prononcés avec les intonations de ma maman qui était décédée depuis dix ans. S'en suit une longue conversation. Le médium, médiumme et Mireille discute avec sa petite maman qui lui explique le pourquoi et le comment de l'histoire d'amour avec son vrai de vrai de papa.

Si vous êtes intéressé(e), vous trouverez sans problème l'ouvrage en question; sinon, vous pouvez vous dire que Mireille est la descendante de Jeanne, qui entendait des voix à Donrémy; mais, cette Jeanne là à eu la chance de se retrouver sur le calendrier et en statue sur toutes les places de France!Onfray.gif

 

 

Par contre, vous pouvez aussi vous procurer cet ouvrage: Nietzsche avait tort: Dieu n'est pas mort. Enfin pas tout à fait, "il respire encore", achevons-le donc, pourrait ajouter Michel Onfray. L'Islam mais aussi l'Occident demeurent sous l'empire d'une culture monothéiste qui incite à préférer l'au-delà à l'ici-bas, la pulsion de mort à la culture de la vie, la haine et le rejet de l'Autre à son acceptation. Et s'il est commode de dépeindre en négatif un Islam rétrograde croulant sous l'obscurantisme, souvenons-nous que le religieux opère ici en sourdine, dissimulé qu'il soit pour mieux agir.

Car le Coran, la Bible et la Torah, nous dit Onfray, partagent un commun mépris de l'intelligence, de la liberté, de la vie, des femmes, du plaisir ou des désirs, leur préférant la foi et la croyance, l'obéissance et la soumission, le goût de la mort. Ainsi, 200 ans après les Lumières, la séparation du religieux et du politique, les avancées scientifiques et la démocratisation des sociétés, le triomphe de la raison est loin d'être entier en Occident, le religieux continuant de nous structurer, d'orienter nos actions, de guider nos pas. "Sans le prêtre, ni son ombre, sans les religieux ni leurs thuriféraires, les sujets demeurent soumis, fabriqués, formatés par deux millénaires d'histoire et de domination idéologique [...] On parle, pense, vit, agit, souffre, dort, conçoit en judéo-chrétien."

Cette prégnance du religieux se paie d'un lourd tribut quand on déroule le fil de l'histoire et nous n'en avons guère tiré les leçons, se désole Onfray, qui se demande pourquoi, si les religions monothéistes sont paix et amour du prochain, les rabbins n'interdisent-ils pas que l'on puisse être juif tout en massacrant des Arabes. Pourquoi les prêtres catholiques et le pape ne défendent-ils pas, au-delà du discours, les faibles, et ne condamnent-ils pas quiconque supprime la vie de son prochain. Pourquoi les imams, mollahs ou ayatollahs ne vouent-ils pas aux gémonies les tueurs de juifs et les assassins d'infidèles. À l'évidence, la passion de l'Au-delà et le mépris de la vie humaine conduisent les monothéistes à rater l'essentiel: "À viser le paradis on manque la terre."

Parce qu'en vérité, les trois monothéismes ont historiquement professé avant tout le meurtre de l'infidèle et non l'amour du prochain. "Ils appuient toujours les chefs de guerre, les sabreurs, les militaires, les guerriers, les violeurs, les pillards, les tortionnaires, les génocidaires, les dictateurs..." C'est cette passion de la mort qui permit aux monothéismes de maintenir leur emprise sur les fidèles, en les gardant enferrés dans des fictions triomphantes et des fables rassurantes, croit Onfray.

Au 18e siècle, Kant et Rousseau ont amorcé le triomphe de la raison sur la foi, ceux qui les ont suivis n'ont pas eu la force de terminer le travail, à nous de le faire. Encore un effort, nous dit Onfray. Il est urgent de dénoncer le simulacre de laïcité qui a cours pour fonder une laïcité authentique, un humanisme postchrétien (ou contrat hédoniste) où la raison et le matérialisme écarteront définitivement Dieu, les fables, les mythes et les arrière-mondes, libérant les esprits de leurs dernières chaînes afin de célébrer la vie et non la mort. "L'athéisme n'est pas une thérapie mais une santé mentale recouvrée."

On lit à profit Traité d'athéologie, dont l'écriture mordante et tissée d'ironie nous rappelle combien a pu être lourd et dévastateur le poids du religieux. L'auteur se fait toutefois moins convaincant pour ce qui est de sa prégnance contemporaine. Car comment expliquer alors les remarquables avancées scientifiques allant très souvent à l'encontre des enseignements bibliques? Les progrès du mouvement des femmes depuis seulement 40 ans? La libération de la sexualité du carcan religieux de la reproduction? Et surtout le formidable camouflet que songent à imposer aux autorités religieuses nombre de gouvernements dans le monde en autorisant les mariages homosexuels?

Aussi, le religieux a bon dos alors qu'on lui attribue l'ensemble des guerres, génocides, assassinats, persécutions... Si les crimes perpétrés au nom des grandes religions sont indéniables (ce sont les papes qui ont lancé les croisades), on ne saurait passer sous silence la soif de domination et le goût du sang, bien terre à terre, de certains hommes politiques, empereurs, rois, califes et tutti quanti. Ni les réduire à de simples fantoches, ce que laisse croire Onfray.

Traité d'athéologie de Michel Onfray

Éd. Grasset, 2005, 281 p.

16.05.2008

Quelques informations

récupérées sur un site de psychologie transpersonnelle.

Le terme "transpersonnel" fût utilisé pour la première fois par C. G. Jung dans un article daté de 1917 qui titrait: "The Personal and the Collective (or Transpersonal) Unconscious". Quelques décennies plus tard, dans les années 60, Abraham Maslow, Stanislav Grof et Antony Sutich utilisèrent le terme "transpersonnel" pour décrire une nouvelle branche de la psychologie qui intégrait leur compréhension des traditions mystiques orientales en relation avec la psychologie humaniste dont ils étaient des figures de proues.  En 1969, Maslow et Sutich fondèrent: "The Journal of Transpersonal Psychology", et en 1971, avec la collaboration d'autres chercheurs, ils créèrent: The Association for Transpersonal Psychology. En 1973, sous la présidence de James Fadiman, psychologue et auteur de plusieurs ouvrages sur le transpersonnel, l'association pris un nouvel essor et inaugura sa première conférence nationale. Fadiman fût aussi un des co-fondateurs, en 1975, de l'Institut de Psychologie Transpersonnelle situé à Palo Alto en Californie.

Littéralement, le terme "transpersonnel" signifie: au-delà du personnel, au-delà de la personnalité. Il s'agit de reconnaître que ce que nous sommes ne se limite pas à notre personnalité et que nous pouvons aller beaucoup plus loin dans notre développement que l'identification égotique. Au-delà de l'ego, au-delà du corps, nous pouvons poursuivre notre route sur des voies qui sont décrites dans plusieurs traditions spirituelles.  Selon Abraham Maslow, la psychologie transpersonnelle doit être considérée comme une quatrième force dans le champ de la psychologie. La première est la psychologie des profondeurs, décrite par Freud et qui nous parle de motivation, de psychodynamique et de pathologie mentale surtout à travers des études de cas. La seconde est le béhaviorisme qui étudie l'apprentissage, les comportements conditionnés et observables en mettant l'emphase sur la méthode expérimentale. La troisième est la psychologie humaniste qui est surtout concernée par la condition humaine, les émotions, les attitudes et la thérapie. La psychologie transpersonnelle diffère de ces "forces" en ne se limitant pas à l'étude du fonctionnement humain normal ou anormal. Elle étudie aussi le supra-normal et les états dans lesquelles les humains évoluent au-delà de leur niveau de fonctionnement quotidien. Les états de conscience altérée obtenus dans la méditation et lors du sommeil dans le rêve, les expériences spirituelles, paroxystiques et transcendantes touchent l'être humain dans plusieurs aspects de sa nature. La psychologie transpersonnelle s'intéresse à l'impact de ces expériences dans les dimensions intellectuelle, émotionnelle, corporelle, communautaire, créatrice et spirituelle.

 

Le développement de la conscience En 1980, Ken Wilber, un théoricien incontournable en psychologie transpersonnelle, décrit avec précision un nouveau modèle d'évolution de la conscience humaine dans un article audacieux intitulé: "The Pre-Trans Fallacy". Dans cet essai, il compare quelques modèles de développement de la conscience dont ceux de Freud  et Jung . Wilber propose un modèle différent qui sert de fondement à la psychologie transpersonnelle. Il ne rejette pas les conceptions freudiennes et jungienne de la conscience humaine, il les intègre plutôt en reconnaissant l'apport particulier de chacune. Il définit un continuum évolutif plus complet qui nous permet d'établir des ponts entre la psychologie contemporaine tel que nous la connaissons et les traditions mystiques orientales.  Comparaison entre les modèles de développement de la conscience de Freud, Jung et Wilber. Tableau adapté de Wilber (1980)

Dans son article, Wilber nous met en garde particulièrement sur la possibilité de confondre une régression au stade pré----personnel et une progression vers le stade transpersonnel ou à un niveau de conscience élargi. Le stade pré-personnel que les freudiens ont décrit avec acuité se situe avant le stade égoïque. Il correspond à l'expérience symbiotique du nouveau né qui ne différencie pas sa propre identité de ce qui l'entoure. Les expériences transpersonnelles ne sont pas une régression à ce stade mais plutôt une ouverture sur une plus grande unification avec l'univers à travers la conscience de sa propre identité. Cette progression entraîne des perturbations chez la personne qui peuvent être injustement qualifiées de pathologiques. Dans une approche transpersonnelle, ces perturbations sont plutôt associées à une crise développementale qui se nomme: "crise d'émergence spirituelle". Les stades égoïque et transpersonnel L'approche transpersonnelle ne rejette pas l'importance d'une saine identification égoïque et considère même que c'est à partir d'un ego stable et solide que l'être humain peut s'élancer vers les royaumes transpersonnels. Dans la théorie jungienne, le soi transpersonnel existe chez l'être humain dès l'enfance à un niveau inconscient. L'ego est perçu davantage comme une structure dont il faut se libérer pour accéder à la dimension transpersonnelle. Ken Wilber croit plutôt qu'au point de départ l'être humain possède une conscience indifférenciée et primitive qui correspond au stade pré-personnel freudien. Cette conscience se développe graduellement, passe par le stade de l'identification égoïque et s'élargit ensuite à l'ensemble de la création. La conscience devient collective, universelle, tel que décrite par Jung dans ses ouvrages. Il s'agit du stade de développement ultime de la conscience qui s'apparente à la grâce, l'éveil ou l'illumination dont parlent certaines traditions mystiques. Les voies qui s'offrent à nous.

Pour approfondir nos connaissances sur le transpersonnel, Wilber propose trois voies d'investigations qui sont, selon lui, les voies universelles de la connaissance. Il y a d'abord la voie empirique qui s'intéresse aux faits et aux données. Parmi les secteurs d'investigations privilégiés par les chercheurs en psychologie transpersonnelle, l'étude des états de conscience modifiée est le plus important. Des recherches portent, par exemple, sur les effets physiologiques de la méditation et la permanence des modifications que celle-ci entraîne au niveau des réponses physiologiques de l'organisme, lorsqu'elle est pratiquée régulièrement. D'autres études portent encore sur les habiletés humaines exceptionnelles (phénomènes paranormaux), les rêves lucides et les effets de certaines drogues psychédéliques pour induire des états de conscience modifiée. La deuxième voie de la connaissance, celle du mental est concernée par la logique et la raison. Wilber est lui-même un des leaders du mouvement transpersonnel dans ce secteur. Sa contribution théorique est remarquable par la clarté et la logique des nombreux ouvrages qu'il nous a offerts ces dernières années. Stanislav Grof, Roger Walsh et Charles Tart sont aussi des théoriciens reconnus. Finalement, la troisième voie qui s'offre à nous est celle de la spiritualité ou de la transcendance. Cette voie est concernée par l'introspection et la vérité. Ici, la psychologie transpersonnelle devient la psychologie du développement spirituel. Nous retrouvons dans ce secteur des techniques d'explorations individuelles et de groupes très variées qui s'apparentent autant à des méthodes contemporaines qu'à des traditions ancestrales d'origines occidentales ou orientales.

 

Respecter ce que nous sommes Pour conclure, soulignons que la psychologie transpersonnelle se veut une approche qui réunit et intègre les contributions d'autres grandes orientations plutôt que de redéfinir à nouveau ce qu'est l'être humain. Elle s'accorde notamment à l'idée que différentes problématiques demandent des réponses thérapeutiques différentes. La méditation ou n'importe quel autre technique transcendantale ne peut être à elle seule une réponse adéquate pour une personne vivant une détresse psychologique intense. Dans son livre: No Boundary, Wilber nous propose un spectre de la conscience comprenant différents niveaux. Pour chaque niveau d'évolution, il suggère un type de thérapie qui est susceptible de faire croître la personne. Les techniques qu'il suggère partent de la simple entrevue de support en passant par des approches plus analytiques, le psychodrame, l'analyse transactionnelle, l'analyse bioénergétique, la gestalt thérapie et la psychothérapie existentielle pour ne nommer que celles-là. Il propose ensuite de se tourner vers des approches spirituelles comme les techniques de la méditation hindouiste et bouddhiste, lorsque la personne entre en contact avec la dimension spirituelle de son être. La psychologie transpersonnelle ne rejette pas la nature humaine pour faire de la voie spirituelle une nouvelle dépendance. Elle nous propose plutôt d'enrichir notre pratique actuelle en acceptant d'explorer cette dimension. Elle encourage la prudence et la conscience des limites propre à notre nature si nous voulons aller au-delà de celles-ci. Elle nous enseigne finalement qu'être en harmonie, être serein et en contact avec l'univers, c'est avant tout être en contact avec soi-même et tout ce que cela comporte.

BIBLIOGRAPHIE: Vaughan, Frances, THE TRANSPERSONAL PERSPECTIVE: A PERSONAL OVERVIEW, The Journal of Transpersonal Psychology, 1982, Vol,14,No.1. Walsh, Roger & Vaughan, Frances, PATHS BEYOND EGO, THE TRANSPERSONAL VISION, Tarcher Perigee, Los Angeles, 1993. Wilber, Ken, NO BOUNDARY, Shambhala, Boston, 1979. Wilber, Ken, THE PRE-TRANS FALLACY, ReVision, Cambridge, Fall 1980..

14.05.2008

Voyance généalogique?

 

Attention, ne pas confondre: la psychologie transgénérationnelle et la voyance transgénérationnelle

 

 

Vers 1913, Freud écrit dans "Totem et Tabou": "Nous postulons l'existence d'une âme collective et la probabilité qu'un sentiment se transmettrait de génération en génération se rattachant à une faute dont les hommes n'ont plus conscience ni le moindre souvenir" tandis que Jung, la même année, développe l'idée "d'une transmission héréditaire de la capacité d'évoquer tel ou tel élément du patrimoine représentatif". Partant de ces concepts et, après de très longues années d'études et de recherches, la psychanalyste Anne ANCELIN-SCHUTZENBERGER, invente une méthode thérapeutique qu'elle dénomme "transgénérationnelle": elle scinde en deux la transmission d'un patrimoine ancestral: l'intergénérationnel entre deux générations qui se connaissent ou se sont connues (enfant et grand-mère et/ou arrière-grand-mère) et l'intergénérationnel entre ascendant-descendant trop éloignés dans le passé pour s'être connus.

 La première est "claire" car elle contient ce qui est inconsciemment transmis. La seconde est "secrète" car c'est caché ou non-dit mais contient un traumatisme ou un deuil non résolu mais encore actif. Ainsi, d'après cette psychanalyste, nos ancêtres nous ont transmis dans nos gènes cette psyché contenant le principe de l'existence dans les familles de règles de loyauté et d'un système de "comptabilité" de non-dits qui fixent le rôle de chacun des membres de la famille et leurs obligations familiales; il s'agirait d'une sorte d'immense inconscient familial qui semblerait donner à chacun une certaine place et un sorte d'interdit d'en bouger. La psychologie transgénérationnelle traque les dates des événements heureux (naissance, mariages, retour de guerre) ou malheureux (accidents plus ou moins graves, maladie brutale ou génétique, morts) dans ce qui est dénommé un "génosociogramme" qui serait l'arbre généalogique de la psyché familiale qui met enfin à jour les blocages, angoisses et peurs diverses de celui ou celle qui s'interroge aujourd'hui. Mais, ces psychologues discutent seulement de vos ancêtres très proches, arrières-grand-parents dont vous possédez le livret de famille. Ce ne sont pas des voyants, ils n'ont pas la capacité de remonter deux cents ans en arrière!

Il est, de fait, avéré que de plus en plus de gens s'intéressent à leurs ancêtres afin de retrouver des racines qui vont les ancrer dans la réalité; en effet, la réalité virtuelle possède une trop grande place actuellement et beaucoup d'esprits faibles finissent pas ne plus savoir ce qui est réel de ce qui est faux. Mais ATTENTION: n'importe qui peu se prévaloir d'utiliser cette psychanalyse transgénérationnelle; soyez extrêmement prudent-e: si vous vous interrogez sur votre vie présente, n'allez pas voir n'importe qui; vous devez remettre vos angoisses et inquiétudes entre les mains de véritables médecin de l'âme qui possèdent un diplôme d'état de médecine et sont dûment et légalement inscrits à l'Ordre des Médecins. Je vous invite à contacter l'Ordre de votre département afin de trouver le spécialiste qu'il vous faut. Les généalogistes ne sont pas des médecins assermentés et ils ne peuvent que vous aider à "monter" votre arbre générationnel; ils n'ont aucune autre capacité à vous aider, ils ne peuvent pas vous permettre de voir clair dans vos sentiments et dans les tourments qui vous affectent; ne confondez pas ces deux professions qui n'ont vraiment rien en commun et ne vous laissez pas embrouiller par de "faux thérapeutes". Bien sûr, n'importe quel individu qui a quelques années d'expérience peut être de bon conseil mais ses conseils ne sont que d'ordre privé et sans rapport avec une quelconque thérapeutique officielle.  Seul le médecin-spécialiste, diplômé du secteur médical, est habilité à vous venir en aide.

 

 

Il existe aussi un nombre incalculable de "thérapeutes" totalement bidons (il n'y a pas d'autre qualificatif tant ils sont creux) qui veulent faire croire aux personnes peu réfléchies qu'ils possèdent le "don" ou "pouvoir" de retrouver vos réincarnations antérieures (sic); j'en ai déjà parlé précédemment. Il est totalement aberrant de concevoir que nous sommes des créatures réincarnées et que cela suppose de subir ou supporter un "karma" pour expier des pêchés commis d'une autre vie. Laissez aux bouddhistes leur religion ou alors, entrez dans leur religion et émigrez au Tibet, rasez-vous la tête.

 

 

Pour toutes les personnes qui se croient réfléchies et qui n'ont pas l'esprit sectaire, je leur déconseille de rencontrer ces "voyants karmiques": ils vont vous abuser par un salmigondis de thèses scientifico- débiles. Si un ou une voyante peut lire dans le passé, c'est tout simplement parce que:

 

 

1 - il, elle est extrêmement douée s'il ou elle procède sans rechercher sur le passé d'une personne et "voit" de façon "généraliste", c'est-à-dire n'importe qui et donc, toute votre famille, de génération en génération, jusqu'aux plus anciennes.

 

 2 - il ou elle, sans être aussi doué(e) que le n°1 ci-dessus, a néanmoins la capacité de voir à travers vous, les personnes récemment décédées de votre famille; quand je dis récemment, c'est parce qu'elles peuvent remonter à un ou deux arrière-grand parent.

 

Je fais, personnellement partie de la catégorie 1.

 

 C'est pour cela que je ne peux que vous redire: la voyance sur le passé n'est simplement qu'une voyance sur le mode de vie ou l'attitude d'un de vos ancêtres; il ne faux pas écouter les thérapeutes-escrocs qui veulent corroborer votre état actuel de santé psychologique avec une "faute" venant d'un ancêtre. Ceci relève du domaine de l'abus et de la manipulation sur personne vulnérable. Soyez vigilent et circonspect. Vous n'accepteriez pas d'être hypnotisé par un prestidigitateur de cirque? Alors, résistez au charrabia informe de ces faux scientistes.

 

 

07.05.2008

Psychologie transpersonnelle 2

Voyance généalogique?

Attention, ne pas confondre: la psychologie transgénérationnelle et la voyance transgénérationnelle

Vers 1913, Freud écrit dans "Totem et Tabou": "Nous postulons l'existence d'une âme collective et la probabilité qu'un sentiment se transmettrait de génération en génération se rattachant à une faute dont les hommes n'ont plus conscience ni le moindre souvenir" tandis que Jung, la même année, développe l'idée "d'une transmission héréditaire de la capacité d'évoquer tel ou tel élément du patrimoine représentatif". Partant de ces concepts et, après de très longues années d'études et de recherches, la psychanalyste Anne ANCELIN-SCHUTZENBERGER, invente une méthode thérapeutique qu'elle dénomme "transgénérationnelle": elle scinde en deux la transmission d'un patrimoine ancestral: l'intergénérationnel entre deux générations qui se connaissent ou se sont connues (enfant et grand-mère et/ou arrière-grand-mère) et l'intergénérationnel entre ascendant-descendant trop éloignés dans le passé pour s'être connus.

 La première est "claire" car elle contient ce qui est inconsciemment transmis. La seconde est "secrète" car c'est caché ou non-dit mais contient un traumatisme ou un deuil non résolu mais encore actif. Ainsi, d'après cette psychanalyste, nos ancêtres nous ont transmis dans nos gènes cette psyché contenant le principe de l'existence dans les familles de règles de loyauté et d'un système de "comptabilité" de non-dits qui fixent le rôle de chacun des membres de la famille et leurs obligations familiales; il s'agirait d'une sorte d'immense inconscient familial qui semblerait donner à chacun une certaine place et un sorte d'interdit d'en bouger. La psychologie transgénérationnelle traque les dates des événements heureux (naissance, mariages, retour de guerre) ou malheureux (accidents plus ou moins graves, maladie brutale ou génétique, morts) dans ce qui est dénommé un "génosociogramme" qui serait l'arbre généalogique de la psyché familiale qui met enfin à jour les blocages, angoisses et peurs diverses de celui ou celle qui s'interroge aujourd'hui. Mais, ces psychologues discutent seulement de vos ancêtres très proches, arrières-grand-parents dont vous possédez le livret de famille. Ce ne sont pas des voyants, ils n'ont pas la capacité de remonter deux cents ans en arrière!

Il est, de fait, avéré que de plus en plus de gens s'intéressent à leurs ancêtres afin de retrouver des racines qui vont les ancrer dans la réalité puisque la réalité virtuelle possède une trop grande place actuellement. Mais ATTENTION: n'importe qui peu se prévaloir d'utiliser cette psychanalyse transgénérationnelle; soyez extrêmement prudent-e: si vous vous interrogez, n'allez pas voir n'importe qui; vous devez remettre vos angoisses et inquiétudes entre les mains de médecin de l'âme qui possèdent un diplôme d'état de médecine et inscrit à l'Ordre des Médecins. Je vous invite à contacter l'ordre de votre département afin de trouver le spécialiste qu'il vous faut. Les généalogistes ne peuvent que vous aider à "monter" votre arbre; ils n'ont aucune autre capacité à vous aider à voir clair dans vos sentiments; ne confondez pas ces deux professions et ne vous laissez pas embrouiller par de faux thérapeutes.  Seul le spécialiste diplômé du secteur médical est habilité à vous venir en aide.

Il existe tout un tas de "thérapeutes" totalement bidons qui veulent faire croire qu'ils possèdent le don de retrouver vos réincarnations antérieures (sic); j'en ai déjà parlé précédemment. Il est totalement aberrant de concevoir que nous sommes des créatures réincarnées et que cela suppose de subir ou supporter un "karma" pour expier des pêchés d'une autre vie. Laissez aux bouddhistes leur religion ou alors, entrez dans leur religion. Pour les autres personnes qui n'ont pas l'esprit sectaire, je vous déconseille de rencontrer ces "voyants karmiques" qui vont vous abuser par un salmigondis débile. Si un ou une voyante peut lire dans le passé, c'est tout simplement parce que:

1 - il, elle est extrêmement douée s'il ou elle procède sans rechercher sur le passé d'une personne et "voient" de façon "généraliste", c'est-à-dire n'importe qui et donc, toute votre famille, de génération en génération, jusqu'aux plus anciennes.

2 - il ou elle, sans être aussi doué(e) que le n°1 ci-dessus, a néanmoins la capacité de voir à travers vous, les personnes récemment décédées de votre famille; quand je dis récemment, c'est parce qu'elles peuvent remonter à un ou deux arrière-grand parent.

Je fais, personnellement partie de la catégorie 1

C'est pour cela que je ne peux que vous redire: la voyance sur le passé n'est simplement qu'une voyance sur le mode de vie ou l'attitude de votre ancêtre; il ne faux pas écouter les "thérapeutes bidon" qui veulent corroborer votre état actuel de santé psychologique avec une "faute" venant d'un ancêtre. Ceci est relève du domaine de l'abus et de la manipulation sur personne vulnérable.

05.05.2008

Psychologie transpersonnelle

La psychologie transpersonnelle s'intéresse aux "états non ordinaires"» de conscience: l'extase, le sentiment de connexion avec l'Univers, la conscience aiguë de son être profond, le mysticisme, etc. Bien qu'ils soient souvent considérés avec suspicion, ces états seraient non seulement sains, mais représenteraient l'actualisation des besoins supérieurs de l'être humain. Comme son nom l'indique, le trans-personnel concerne ce qui existe au-delà de la personnalité, de son conditionnement et de son petit monde.

En tant que pratique, cette psychologie a pour objet la "pleine réalisation"» de la personne qui cherche à devenir "le dieu qu'elle est au plus profond d'elle-même"». Par conséquent, elle se préoccupe aussi des perturbations résultant de l'enfermement des potentiels illimités de la conscience dans les structures limitées de l'ego – comme cela peut se manifester au moment de crises existentielles ou de ce que l'on appelle des crises d'émergence spirituelle. Le mouvement transpersonnel déborde du cadre de la psychologie individuelle pour toucher toutes les sphères de l'activité humaine – économie, écologie, philosophie, etc. – qui peuvent être inspirées par une conception sacrée du monde.

Le territoire de la psychologie transpersonnelle n'est pas une "invention" moderne puisqu'il a été abondamment exploré par les traditions orientales et chamaniques, et que de nombreux philosophes de l'Antiquité grecque y ont été sensibles. Mais dans la perspective occidentale moderne, et bien que de grands penseurs et chercheurs du XXe siècle comme Carl Jung, Emmanuel Mounier et Roberto Assagioli constituent des références fondamentales, on identifie certains événements des années 1960 comme ayant déterminé son éclosion. D'abord, le psychologue humaniste américain Abraham Maslow (1908-1970) établit sa célèbre pyramide des besoins humains.

Maintenant reconnue à peu près mondialement, celle-ci présente les besoins communs à tous les humains dans une progression hiérarchique à cinq niveaux, dont le plus élevé est la "réalisation" ou l "actualisation de soi". Cette dimension concerne l'aspiration à concrétiser ses capacités et talents, à "croître", à développer son potentiel (d'où les termes aujourd'hui courants de "croissance personnelle"  et de "mouvement du Potentiel humain).

Plus tard, Maslow a raffiné ce dernier niveau pour y incorporer des notions de "dépassement de soi" ou de "transcendance". Plusieurs penseurs ont alors cru bon de créer un sixième niveau distinct au sommet de la pyramide. Ce niveau se définit par l'aspiration à vivre des expériences d'unité avec le Cosmos et d'amour inconditionnel envers l'Humanité.

aut également mentionner que, cherchant à explorer les diverses manifestations de la conscience, le mouvement transpersonnel s'est beaucoup intéressé aux phénomènes paranormaux: témoignages de personnes croyant avoir été enlevées par des extraterrestres, expériences de mort imminente, prémonition, télépathie, pratiques chamaniques, etc.

Au-delà de l'ego

La psychologie transpersonnelle ne se limite pas aux problèmes personnels; elle ne joue pas tant dans le territoire de l'ego, mais là où l'ego s’efface et abandonne sa place dominante. Si, dans la psychologie classique, les modèles sont des hommes et des femmes performants, motivés, efficaces, bien intégrés socialement, ceux de la transpersonnelle sont des saints, des sages et des héros de l'humanité. Ce qui ne veut pas dire que cette approche nie l'importance d'un ego sain, au contraire : c'est à partir d’assises solides et équilibrées que l'être humain peut atteindre d'autres dimensions.

Selon Ken Wilber, "l’ouverture de la conscience"» est normale et naturelle: primitive chez l'enfant, la conscience se développe graduellement, passe par le stade de l'identification à l'ego, puis devrait pouvoir s'ouvrir à l'ensemble de la création, comme l'a d'ailleurs décrit Carl Jung dans ses ouvrages. À son stade de développement ultime, la conscience s'apparente à l'éveil ou à l'illumination dont parlent de nombreuses traditions mystiques.

Des techniques traditionnelles

Le transpersonnel n'est pas une méthode, c'est une conception de l'être humain et du monde qui l'entoure. Les psychothérapeutes qui partagent cette conception peuvent pratiquer une approche classique et simplement permettre à la dimension spirituelle d'occuper l'espace qui lui est dû dans le développement humain. Mais, généralement, le travail transpersonnel consiste à provoquer chez les individus des états non ordinaires de conscience (Maslow les appelait peak expériences ou expériences paroxystiques). Ces expériences sont destinées à faire éclater les limitations mentales ou émotives et à donner accès à une conscience beaucoup plus vaste de la réalité.

Plusieurs techniques sont utilisées à cet effet, la plupart empruntées à des traditions spirituelles orientales ou chamaniques, ou adaptées de celles-ci : diverses formes de méditation, hypnose, danses sacrées, huttes de sudation (sweat lodge), quête de vision, régression dans les vies antérieures, rêves, rêves lucides, techniques respiratoires et énergétiques venues du yoga ou du Qi Gong, travail avec les rituels, respiration holotropique, art-thérapie, visualisation créatrice, sophrologie, rebirth, etc.

La plupart de ces techniques sont puissantes et doivent être pratiquées dans un environnement adéquat et sécuritaire : le psychothérapeute doit être en mesure d'aider la personne à décoder ses expériences et à les intégrer. Il faut donc choisir soigneusement le thérapeute avec qui on souhaite se lancer dans une telle aventure.

Rappelons quand même que des expériences transcendantes peuvent se produire spontanément à la faveur de phénomènes naturels comme le fait de se trouver devant un paysage ou une œuvre d'art d'une grande beauté, d'assister à la naissance d'un enfant ou à la mort d'un proche. Par ailleurs, la danse, le chant, le sport, la science, le courage et la dévotion sont également des voies d'accès à ce type d'expérience.

La psychologie transpersonnelle s'adresse plus particulièrement aux personnes :

qui veulent explorer et confirmer leurs aspirations profondes;

en crise existentielle ou qui font face à une transition majeure (retraite, divorce, nouvelle orientation, décès d'un proche, etc.);

aux prises avec des problèmes de dépendance (alcool, drogues, relations). Le mouvement transpersonnel voit les dépendances comme la manifestation « mal canalisée » d'une soif d'union avec la « source intérieure »;

en démarche de guérison;

en démarche ou en crise spirituelle.

Mises en garde

Les techniques de psychologie transpersonnelle ne peuvent être à elles seules une réponse adéquate pour les personnes vivant de la détresse psychologique intense. Le dépassement de soi est bel et bien un besoin, mais c'est un besoin qui, du moins selon les auteurs de ce mouvement, ne pourrait être comblé que lorsque ceux des autres niveaux le sont, au moins minimalement. Tout en favorisant le dépassement, la psychologie transpersonnelle encourage la prudence et la conscience des limites propres à notre nature humaine. Elle nous enseigne aussi que pour atteindre la connexion avec l'univers, l'être incarné que nous sommes doit d'abord être en contact avec lui-même.

Les psychothérapeutes ou praticiens dont l'approche respecte la vision transpersonnelle n'utilisent pas nécessairement ce terme et, souvent, ne s'affichent pas sous cette étiquette. On les trouve généralement par le biais d'activités organisées, comme les ateliers de rebirth ou les quêtes de vision, ou en communiquant avec l'une des associations qui se sont créées en France.

Pour plusieurs, la psychologie transpersonnelle semble être une nouvelle approche. Elle est souvent associée au mouvement "new-âge", ce qui lui vaut la réputation d'être populaire et sans racine. La psychologie transpersonnelle existe pourtant depuis près de trente ans aux États-Unis et elle regroupe des gens de plusieurs disciplines.